Je crée pour que le temps laisse une trace
Je travaille lentement.
Non ppour contredire la société, mais
parce que certaines matières imposent
leur propre rythme.
Le bois ne se conquiert pas. Il se révèle.
La pyrogravure trace sa voie sans négociation.
La main apprend à suivre, et parfois à
s’arrêter.
Chaque création naît d’un moment qui s'étire dans le temps.
En moyenne, trente heures à façonner un sac,
dessiner, pyrograver, peindre, assembler.
Trente heures de choix infimes,
presque invisibles, mais qui existent.
Je crée des pièces uniques. Non pour
cultiver la rareté, mais parce que la
répétition ne m'épanouie pas.
Il arrive que l’on me demande si une création
peut être refaite.
Parfois, j’accepte d’en explorer une
autre interprétation.
Une fois. Plus rarement deux.
Jamais davantage.
Non pour reproduire, mais pour chercher
une variation, une nuance, une tension
différente.
Les matières sont choisies avec attention :
- bois travaillé et pyrogravé à la main,
- fil de lin ou de coton pour des coutures à la main
plus solides,
- faux-cuirs de végétaux issus de plantes comme le
cactus ou l’ananas.
Rien n’est standardisé.
Rien n’est optimisé pour aller plus vite.
Je ne cherche pas à remplir des
collections. Je cherche à rester juste.
Lorsqu’il n’y a plus de pièces
disponibles, il est possible d’attendre.
Pas pour réserver,
ni pour réclamer ou exiger,
mais simplement pour être présent
si un nouveau cycle s’amorce.
Mon travail s’adresse à celles et
ceux qui savent reconnaître le
temps que nécessite la
fabrication d'un objet.
Si vous êtes de ceux-là, alors peut-être
qu’une création trouvera naturellement
sa place auprès de vous.